Historique
Historique du Karaté-Do
Le Karaté-Do, appelé communément Karaté signifie « voie de la main vide » (kara=vide, te=main et do=voie).
Les origines :
Le Karaté-Do tire ses origines les plus lointaines du temple bouddhiste de Shaolin en Chine, où un moine venu d’Inde nommé Bodhidharma vint en 520 après J-C transmettre certaines techniques de combat basées sur les poings et la respiration.
Okinawa, le berceau :
Par la suite, Okinawa, qui signifie littéralement « corde sur l’océan », devint le véritable berceau du Karaté. Cette île situé dans l’archipel des Ryukyu, entre la pointe du Japon et la côte chinoise, est un réel point de rencontre traditionnel des cultures chinoise et japonaise. Il s’agit du lieu où naquit la forme définitive du combat à mains nues.
L’emploi des armes étant prohibé durant la domination japonaise sur Okinawa, les habitants furent contraints de mettre au point des méthodes particulièrement efficaces de combat en se servant uniquement de leurs poings, de leurs pieds, et aussi d’instruments aratoires (nunchaku, bô, tonfas,…). En 1609, une nouvelle invasion japonaise favorisa le développement de cet ensemble de techniques, nommé désormains Okinawa-te (« te » signifiant technique).
Ainsi, à partir du XVIIIième siècle, l’Okinawa-Te se structure enfin. Cependant, les entraînements se déroulent le plus souvent la nuit et les techniques sont améliorées afin de les rendre aussi efficace que possible. Le secret entourant l’enseignement de ces techniques rend difficile l’établissement d’une généalogie du karaté de cette époque et les grands maîtres de l’époque resterons inconnus. Parmi eux, il faut retenir le nom de Matsumura Sokon. C’est lui qui fut le premier Maître officiel à jeter les bases d’une véritable école de Karaté sur l’île d’Okinawa, le Shuri-Te.
Le karaté que nous connaissons aujourd’hui est donc le résultat d’une combinaison qui se fit au 18ème siècle entre l’Okinawa-te et le Kenpō de Shaolin, art de combat à mains nues ayant puisé ses origines dans des techniques de boxe chinoise qui furent diffusées par les moines guerriers du monastère de Shaolin.
Le développement des différents styles de Karaté :
En 1868 commence une nouvelle période de l’histoire d’Okinawa avec la montée sur le trône impérial du jeune Mutsu-Hito. Il s’agit de l’ère des grandes réformes au Japon. L’île d’Okinawa devint une province. Les techniques guerrières de l’Okinawa-te se transforment alors peu à peu en techniques éducatives, notamment par le maître Anko Itosu qui introduit alors l’Okinawa-Te dans le système scolaire en 1902. Ainsi, de nombreuses écoles d’Okinawa-te commencèrent à se distinguer sur l’île d’Okinawa et ce grâce à la formation de nouveaux élèves et aux fusionnements de différents styles. On sait toutefois que l’art du combat à mains nues se développa surtout en trois endroits : la ville portuaire de Naha, la capitale Shuri et le village de Tomari. Chacun de ces endroits donnera naissance à un style portant son nom; le Shuri-Te, le Naha-Te et le Tomari-Te.
Ces différentes tendances donneront plus tard naissance aux styles de karaté que nous connaissons désormais, soit vingt-quatre écoles dont quatre principales : Shotokan, Shito-Ryu, Goju-Ryu, Wado-Ryu. Ces différents styles se distinguent par leurs techniques, leurs positions ainsi que leurs katas.
Shomen Gichin Funakoshi :
Shomen Gichin Funakoshi est considéré comme le Père du karaté moderne. Importateur du karate-dō au Japon et créateur du style Shōtōkan, il a fait évoluer la forme initiale du Karaté d’Okinawa. C’est pourquoi, il est perçu comme un fondateur dans beaucoup de dojos sur la planète. A la suite d’une démonstration officielle d’Okinawa-te au Japon, les hauts dignitaires japonais présents furent si impressionnés qu’ils lui demandèrent de rester au Japon pour y enseigner sa technique. Dès le début des années 1920, le Karaté fut implanté dans les écoles élémentaires japonaises. C’est à cette époque qu’il changera son nom de famille Tominakoshi pour Funakoshi, le mot Funa étant un diminutif signifiant « qui traverse l’océan en bateau ».
En 1922 Funakoshi fonde son propre style, l’Okinawa-te, qui deviendra par la suite Shōtōkan. Ce terme est à l’origine le nom du dojo qu’il fait construire en 1935, « Kan » désignant le lieu, et « Shoto » signifiant « ondulation des pins sous le vent », ceci étant le pseudonyme sous lequel Funakoshi écrivait ses poèmes. Il ouvre son premier club en 1924 et, trois ans plus tard, quatre clubs supplémentaires seront en place. Par la suite, son investissement auprès de l’enseignement du Karaté à l’université de Tokyo va lui permettre de diffuser l’art de la main vide. Il décèdera le 26 avril 1957 à l’âge de 88 ans.
“Sur l’île baignée par le soleil du sud, l’art de la main vide est tombé du Ciel, et cela me fait peur car il ne doit pas s’éteindre. Qui voudra bien le faire survivre et s’épanouir? Devant le ciel bleu, je m’engage.” Shomen Funakoshi Gichin
Les composantes du karaté
Les composantes du karaté sont :
- le kata : il représente un combat réel contre un adversaire imaginaire. Étant codifié de manière rigoureuse, il s’effectue sans surprise et permet de travailler les postures et les techniques dans des situations données. Le but du kata est également d’apprendre certains principes fondamentaux des arts martiaux comme la gestion de la distance (le ma ai), la coordination des mouvements, l’attitude, la gestion de l’équilibre…
- le bunkai : il s’agit de l’application à deux ou plus d’un kata.
- le kumité : Il s’agit du combat qui se pratique à deux suivant des règles définies. C’est ce type de combat qui est pratiqué lors des compétitions.
- Le kihon qui comporte :
- Des techniques de poing, des techniques de pied, des blocages et différentes techniques de percussion des membres supérieurs ou inférieurs,
- Différentes positions de base,
- Différentes formes de déplacement,
- Différentes techniques de défense,
- Quelques enchaînements simples.
- Les assauts conventionnels kumité qui comportent :
- Kihon ippon kumité
- Ippon kumité
- Jyu ippon kumité
- Ju kumité
- la self-défense
Le kata :
Le kata représente en karaté un combat réel contre un adversaire imaginaire. Étant codifié de manière rigoureuse, il s’effectue sans surprise et permet de travailler les postures et les techniques dans des situations données. Le but du kata est également d’apprendre certains principes fondamentaux des arts martiaux comme la gestion de la distance (le ma ai), la coordination des mouvements, l’attitude, la gestion de l’équilibre…
Ils sont au nombre de 26 concernant le style shotokan et divisé en trois catégories :
- Les kata de base : Heian Shodan, Heian Nidan, Heian Sandan, Heian Yodan, Heian Godan.
- Les kata avancés : Bassai Dai, Bassai Sho, Kanku Dai, Kanku Sho, Tekki Shodan, Tekki Nidan, Tekki Sandan.
- Les kata supérieurs : Chinte, Empi, Gankaku, Goju Shiho Dai, Goju Shiho Sho, hangetsu, Jiin, Jion, Jitte, Meikyo, Nijushiho, Sochin, Unsu, Wankan.
Le kumité :
Il s’agit du shiai. C’est à cette occasion que l’on essaie de placer les techniques apprises auparavant. Il est nécessaire d’élaborer une tactique d’attaque et de défense que l’on perfectionne à cette occasion. Les coups sont appuyés, mais non portés de toutes nos forces. Le but est de travailler la précision, l’efficacité, la gestion de la distance, et non la force brute.
Dans un aire de compétition de karaté, les coups sont réglementés. Un arbitre et trois juges évaluent les techniques des compétiteurs. La volonté de remporter la victoire et de tester ses habiletés remplacent la notion de frapper pour se défendre. Les coups en bas de la ceinture sont interdits et le contact au visage doit être contrôlé. Le combat de compétition se pratique avec un protecteur buccal, des gants (mitaines de karaté), des protège-tibias, des protèges-pieds, une coquille pour les hommes et un protège-poitrine pour les femmes. Toutes les techniques sont permises à la condition d’être contrôlées : atemis, blocages, techniques de pied, techniques de poing, balayages, feintes, etc. L’un des compétiteurs est nommé aka (rouge) et le second aho (bleu).
Les différentes pratiques et les styles majeurs du Karaté :
Différentes pratiques sont accréditées au karaté : pratique de loisir, entretien, compétition. Mais il faut savoir que le karaté n’est pas seulement un simple sport de combat, c’est un art martial.
Il se construit autour de valeurs communes définies par le code du « bushido » telles que le respect, la sincérité, la droiture, l’honneur, la modestie, le courage ou encore le contrôle de soi.
Rajoutons qu’une véritable complémentarité existe entre le karaté dit « sportif », dont l’intérêt pédagogique est indéniable, et le karaté dit « traditionnel » pratiqué tout au long d’une vie.
Le karaté peut être un véritable outil de gestion du stress et un moyen de mettre une distance entre soi et ses soucis. De plus, le karaté peut être pratiqué comme une activité gymnique. En effet, chaque partie du corps peut être sollicitée et la pratique peut être adaptée à chaque morphologie. De plus en plus de personnes obèses, de seniors mais aussi de femmes, de personnes handicapées et d’enfants pratiquent cette activité comme simple exercice gymnique.
Pour conclure, le karaté est à la fois un exercice mental, un exercice physique, un sport de combat ainsi qu’un moyen d’auto-défense.
Les styles majeurs du karaté sont :
- Le style Shotokan (pratiqué au sein de l’association Shoshin).
- Le style Shito-ryu
- Le style Goju-ryu
- Le style Wado-ryu
Les termes techniques :
POSITIONS : DACHI
- HEISOKU DACHI : Debout les pieds l’un contre l’autre
- MUSUBI DACHI : Debout, talons joints, pointes des pieds écartées
- REINOJI DACHI : Debout un pied devant l’autre formant un L
- TEIJI DACHI : Debout un pied devant l’autre formant un T
- HEIKO DACHI : Debout pieds écartés et parallèles
- HACHIJI DACHI : Debout pieds pointés vers l’intérieur écartés de la largeur des hanches
- UCHI HACHIJI DACHI : Pieds pointés vers l’intérieur
- ZENKUTSU DACHI : Fente avant : jambes avant fléchie, jambe arrière tendue
- KOKUTSU DACHI ou HANMI NO NEKO ASHI DACHI : Fente avant 70% du poids du corps sur la jambe arrière
- KIBA DACHI : Position du cavalier
- SHIKO DACHI : Position du sumotori
- FUDO DACHI : Position équilibrée de combat (entre Zenkutsu et Kokutsu)
- NEKO ASHI DACHI : Position du chat
- KOSA DACHI ou KAKE DACHI : Position pieds croisés
- MOTO DACHI : Position fondamentale (petit Zenkutsu)
- SACHIN DACHI : Position du sablier ou des 3 centres
- HANGETSU DACHI ou SEISHAN DACHI : Position du sablier élargie
- TSURU ASHI DACHI ou SAGI ASHI DACHI : Debout sur une jambe
DEPLACEMENTS : UNSOKU
- AYUMI ASCHI ou DE ASCHI : Avancer d’un pas
- HIKI ASHI : Reculer d’un pas
- YORI ASHI : Pas glissé
- TSUGI ASHI : Pas chassé
- OKURI ASHI : Double pas
- MAWARI ASHI : Déplacement tournant autour du pied avant
- UCHIRO MAWARI ASHI : Déplacement tournant autour du pied arrière
TECHNIQUES DE DEFENSE : UKE WAZA
- GEDAN BARAI : Défense basse par un mouvement de balayage avec le bras
- JODAN AGE UKE : Défense haute par un mouvement remontant avec le bras
- SOTO UDE UKE : Défense avec le bras par un mouvement de l’extérieur vers l’intérieur
- UCHI UDE UKE : Défense avec le bras par un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur
- SHUTO UKE : Défense avec le tranchant de la main
- OSAE UKE : Défense par pression ou immobilisation avec la main
- HAISHU UKE : Défense avec le dos de la main
- TEISHO UKE : Défense avec la paume
- JUJI UKE ou KOSA UKE : Défense double avec les deux bras croisés
- KAKIWAKE UKE : Défense double en écartant
- MOROTE UKE : Défense double, bras arrière en protection
- HEIKO UKE : Défense double avec les deux bras parallèles
- SUKUI UKE : Défense en puisant
- NAGASHI UKE : Défense brossée en accompagnant l’attaque avec la main ou le bras
- OTOSHI UKE : Défense en frappant avec l’avant bras vers le bas
- KOKEN UKE : Défense avec le poignet
ATTAQUES DIRECTES DE POING : TSUKI WAZA
- CHOKU ZUKI : Coup de poing fondamental
- GYAKU ZUKI : Coup de poing avec le bras inverse à la jambe avancée
- OÏ ZUKI ou JUN ZUKI : Coup de poing en poursuite avec un pas
- MAETE ZUKI : Coup de poing avec le poing avant
- KIZAMI ZUKI : Coup de poing avec le poing avant en effaçant le buste
- NAGASHI ZUKI : Coup de poing avec le poing avant en esquivant
- TATE ZUKI : Coup de poing avec le poing vertical
- URA ZUKI : Coup de poing, paume tournée vers le haut
- KAGI ZUKI : Coup de poing en crochet
- MAWASHI ZUKI ou FURI ZUKI : Coup de poing circulaire
- YAMA ZUKI : Coup de poing double, simultanément joDan et geDan
- MOROTE ZUKI : Coup de poing double au même niveau
- NUKITE : Attaque directe en pique de main
- AGE ZUKI : Coup de poing remontant
TECHNIQUES DE PERCUSSION : UCHI WAZA
- URAKEN UCHI : Attaque circulaire avec le dos du poing
- SHUTO UCHI : Attaque circulaire avec le tranchant de la main
- TETSUI UCHI : Attaque circulaire avec la main en marteau, éminence d’hypothénar
- ENPI UCHI ou HIJI UCHI : Attaque avec le coude
- HAÏTO UCHI : Attaque avec le tranchant interne de la main (côté pouce)
- TEISHO UCHI : Attaque avec la paume
- KOKEN UCHI : Attaque avec le dessus du poignet
- HAÏSHU UCHI : Attaque avec le dos de la main
ATTAQUES DE PIEDS : GERI WAZA
- MAE GERI : Coup de pied de face
- MAWASHI GERI : Coup de pied circulaire fouetté
- YOKO KEKOMI : Coup de pied latéral défonçant (chassé)
- YOKO KEAGE : Coup de pied latéral remontant (fouetté)
- MIKAZUKI GERI : Coup de pied en croissant
- URA MIKAZUKI GERI : Coup de pied en croissant inverse
- USHIRO GERI : Coup de pied vers l’arrière
- FUMIKOMI : Coup de pied écrasant
- FUMIKIRI : Coup de pied bas (dans l’idée de couper)
- TOBI GERI : Coup de pied sauté
- ASHI BARAÏ : Balayage
- URA MAWASHI GERI : Coup de pied en revers tournant
- USHIRO MAWASHI BARAÏ : Balayage tournant par l’arrière
- HIZA GERI ou HITSUI GERI : Coup de genou
- NAMI GAESHI : Coup de pied en vague (mouvement remontant avec la plante du pied)
- KAKATO GERI : Coup de talon de haut en bas