L’histoire du Tai Chi Chuan
L’art du Tai Chi Chuan remonte très loin dans l’histoire : on dit qu’il fut fondé par ZANG SANFENG, un moine « taoïste » qui vécut au 14ème siècle :
« Maître Zang, à sa fenêtre, regardait le combat
d’un oiseau et d’un serpent.
Intéressé par les cris et attaques
désordonnés de l’oiseau,
et observant l’esquive, l’enroulement et le déroulement
des anneaux du serpent,
lui vint l’inspiration d’une discipline d’Art Martial.
Ainsi naquit le Taï Chi Chuan. »
Les origines des arts martiaux chinois internes sont très anciennes. On les appelle aussi boxe de l’ombre, boxe du faîte suprême ou du grand retournement : taichi chuan, danse de la vie, boxe des huit trigrammes, pakua chang, etc. Ces arts du poing (chuan) sont longtemps restés cachés ou secrets.
On trouve dans l’art du Tai Chi Chuan une infinité de liens avec l’histoire et la tradition chinoise, y compris les autres arts martiaux chinois et la médecine chinoise.
Ils visent avant tout à l’amélioration de l’être sur tous les plans : physique, émotionnel, mental. Ils préservent la vie aussi bien face à un éventuel agresseur extérieur que face aux adversités intérieures que sont maladie et stress.
En Chine, les pratiques corporelles de santé font partie de la vie quotidienne depuis la nuit des temps. Les techniques de combat à mains nues et à armes blanches ont, elles aussi, toujours fait partie du quotidien et en particulier de celui des moines, responsables du maintient de l’ordre dans les campagnes. Les arts martiaux internes, dont fait partie le Tai Chi Chuan, sont la synthèse des connaissances des moines : exercices de santé, techniques de combat et méditations.
LE TAICHI CHUAN
Le taichi chuan est le plus connu et le plus répandu d’entre eux. C’est un art fondé sur la pratique de mouvements fluides et souples, réalisés dans la lenteur. Il existe une centaine de mouvements : parer, presser, pousser, tirer…ou “le serpent rampe”, “la grue blanche déploie ses ailes”… Ces mouvements sont enchaînés harmonieusement dans des séquences plus ou moins longues, plus ou moins complexes. Ondulations, rotations, étirements : tous les mouvements partent du centre siège de l’énergie vitale. Le corps est constamment comme étiré vers le haut, la tête droite, la nuque étirée.
De l’extérieur, le tai chi chuan imprègne par le calme qu’il dégage. D’ailleurs, cet art martial est souvent défini comme une “méditation en mouvement”, une “relaxation active”. Il s’agit en effet d’atteindre un état de tranquillité intérieure tout en étant en mouvement. Par le jeu de transfert du poids, le tai chi chuan améliore également le sens de l’équilibre, le centrage et la stabilité.
De manière générale, il aide à mieux intégrer son schéma corporel et coordonner ses mouvements. L’entraînement du taichi chuan permet au pratiquant de mieux faire circuler l’énergie, de la mobiliser et de l’utiliser à son gré pour se détendre, se recentrer et voir aussi pour se défendre. Ayant presque 500 ans d’histoire, le tai chi chuan possède selon les écoles et les styles, de multiples aspects :
- la pratique de la forme en solo ou en groupe est fondamentale. Elle est la base de tout travail intérieur et convient à la majorité des pratiquants par ses relations avec la relaxation, la santé et la méditation.
- la poussée des mains (tui shou) à deux est très ludique et enrichissante. Elle permet d’éprouver, de mieux comprendre et d’appliquer les mouvements de la forme dans leur aspect énergétique et martial, mais également de développer des qualités d’écoute du partenaire.
- le maniement des armes : épée, sabre, éventail, bâton, perche… sont des prolongements du corps, des outils dont la maîtrise favorise la réalisation de soi.
Le style Yang
Au cours de son histoire, l’art se divisa en plusieurs écoles. Les plus connues sont les écoles YANG, CHEN, WU, SUN et HAO (bien qu’il en existe plusieurs autres). Dans chaque école on trouve un « style » qui représente l’enseignement d’un maître particulier.
L’école YANG est l’école la plus répandue aujourd’hui avec de maintes variantes. Elle est descendue du légendaire YANG LU CHANG (YANG l’invincible) qui a amené le Tai Chi Chuan dans la lumière du grand jour lorsqu’il enseigna à la noblesse mandchoue vers la fin du dix-neuvième siècle. A partir de YANG LU CHANG, c’est surtout grâce à son petit-fils YANG CHENG FU que l’on a vu se développer l’école YANG.