Petite histoire du Tai Chi Chuan …

Comme pour tous les arts martiaux l’origine du Tai Chi Chuan se perd dans les brumes des temps légendaires. Le Tai Chi Chuan, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est assez récent puisqu’il semble dater du 19ème siècle. Cet art autrefois considéré comme secret, n’était transmis que de « bouche à bouche et de peau à peau ». Le Tai Chi Chuan s’est diffusé en de nombreuses écoles qui sont les marques d’autant de Maîtres.

Chang San Feng

Au cours de la dynastie des Ming, Chang San Feng (13ème siècle) combattant redoutable, mage, devin, médecin et alchimiste, aurait créé le Tai Chi Chuan après avoir observé un combat entre une pie et un serpent. Les attaques vives, directes et puissantes de l’oiseau ne purent défaire les mouvements souples, circulaires et ondulatoires du serpent. Chang San Feng comprit alors la suprématie de la souplesse sur la volonté ainsi que l’importance du yin et du yang.

 

Chen Wang Ting

Chen Wang Ting (1600-1680) était originaire de la province du Henan. Après une carrière militaire, il se retire et se consacre aux arts martiaux. A partir de divers styles de boxes, il donnera naissance au Tai Chi Chuan. Dès lors, la famille Chen conservera en son sein la transmission selon un système patriarcal strict.

Chen Chang Xing

Chen Chang Xing (1771-1853), descendant direct de Chen Wang Ting eut de nombreux disciples et accepta des disciples étrangers à la famille Chen, et notamment Yan Lu Chan, le futur fondateur de l’école Yang.

Yang Lu Chan, le fondateur de l’école Yang

Né dans la province du Heibei (1799-1872), il pratiqua très jeune les arts martiaux. Engagé comme domestique dans la famille Chen, il observa secrètement la famille s’entrainer. Puis il sera accepté comme disciple de Chen Chang Xing (1771-1853) tellement ses capacités et sa volonté d’apprentissage étaient grandes. Après avoir quitté la famille Chen, il s’installa à Pékin où sa réputation de combattant hors pair se développa. De nombreuses personnalités de la cour impériale des Qing deviendront ses élèves. Il sera alors amené à adapter les formes originelles du Tai Chi Chuan pour qu’elles puissent convenir à des personnes plus soucieuses de leur santé que de leur performances (positions plus hautes, moins de spirales, etc…). Ses trois fils, dont le plus célèbre fut Yang Jian Hou (1839-1936), continueront cette adaptation des mouvements au plus grand nombre, et son petit-fils Yang Chen Fu (1883-1936) codifiera la forme de style Yang que nous connaissons actuellement, et qui est la plus enseignée au monde. Elle accentue davantage l’aspect thérapeutique.

Wu Yu Xiang

Wu Yu Xiang (1812-1880) venait d’une famille de pratiquants de Wushu. Il étudia le Tai Chi Chuan de style Yang avec Yang Lu Chan, et celui de style Chen avec Chen Chang Xing. Wu créera alors son propre style.

Sun lu Tang

Né dans la province de Heibei, Sun Lu Tang (1861-1932) étudiera d’abord le Xing Yi Quan et le Bagua Zhang. En 1912, il rencontre Hao He à Pékin qui lui enseignera le style Wou. Surnommé « Maître des trois paumes », Sun Lu Tang codifiera alors son propre style à la fin de sa vie.

Wu Jian Quan

Wu Jian Quan (1870-1943) apprend le Tai Chi Chuan de style Yan par son père qui était l’élève de Yan Lu Chan. En 1935, il fondera sa propre école, très populaire notamment à Hong-Kong, Taïwan, Shangai, et dans les communautés chinoises de Singapour et du Brésil.

Chen Xin

Chen Xin (1849-1929), descendant de la famille Chen, décidera de fixer par écrit les principes et les mouvements du style Chen laissant ainsi un document authentique pour les générations futures. La rédaction de son ouvrage lui prendra 12 ans et sera achevée en 1919. Son livre sera publié en 1933.


Les différentes formes en Tai Chi Chuan

  • La forme Yang traditionnelle en 108 mouvements.
  • La forme Yang simplifiée, dite des 24 mouvements, ou forme de Pékin, codifiée dans les années cinquante par la commission d’Etat des sports en chine, et synthèse de la forme traditionnelle en 108 mouvements.
  • La forme Yang 48 mouvements.
  • La forme Yang 88 mouvements (forme 108 sans les répétitions).
  • La forme Yang 32 mouvements à l’épée.
  • La forme Chen traditionnelle en 83 mouvements.
  • La forme Chen simplifiée en 36 mouvements (synthèse de la forme traditionnelle)
  • 42 mouvements pour quatre styles.
  • 42 mouvements à l’épée (compilation des mouvements à l’épée des 4 styles).

Auxquelles s’ajoutent des formes réactualisées généralement utilisées dans les compétitions :

  • La forme Yang en 40 mouvements
  • La forme Chen en 56 mouvements
  • La forme Wu en 45 mouvements
  • La forme Wu en 45 mouvements
  • La forme Sun en 75 mouvements

 


Les caractéristiques des différents styles

  • Style Chen : mouvements en spirale, alternance du lent et du rapide, souples à l’extérieur et forts à l’intérieur, positions basses.
  • Style Yang : mouvements fluides et légers, de grande amplitude. Prédominance des cercles verticaux, déplacements au sol linéaires, positions hautes.
  • Style Sun : petites positions, mouvements vifs et légers. Grande mobilité dans les déplacements (empruntés au Xing Yi Quan) prédominance des cercles horizontaux.
  • Style Wu : tronc légèrement penché en avant, prédominance des cercles horizontaux. Mouvements très proches de ceux du style Yang, mais plus courts.

 


Les caractéristiques de l’école Shoshin

Shoshin enseigne le Tai Chi Chuan de style Yang.

Cette pratique est véritablement adaptée à tous. Avec des mouvements ronds, souples et lents, des positions hautes, le Tai Chi permet au pratiquant d’atteindre un bien-être sans causer de traumatismes dans le bas du corps.

Les formes enseignées sont :

  • Grande forme de Pékin (108 mouvements)
  • Petite forme de Pékin (24 mouvements)
  • La 40 Mouvements
  • Tai chi au sabre : Tai Ji Dao Pu

 

 

Vidéo de présentation

 

 

 


SANSHOU

Le terme de Sanshou ou « dispersion des mains » désigne une méthode pour « disperser, dissiper » les attaques de l’adversaire et en même temps contre-attaquer. Le Sanshou est surtout défensif et n’est enseigné qu’aux élèves avancés après une certaine pratique du Tai Chi Chuan, des Tuishou.

La pratique à deux repose sur l’apprentissage des différentes techniques de Sanshou, lentement et isolément, afin d’acquérir les bons déplacements du corps, les différentes techniques des mains et des pieds, pour effectuer les parades, les clés, les balayages ou les projections.

Ce mode d’approche efficace et ludique avec partenaire est excellent pour la santé et la compréhension de la self défense spécifique du Tai Chi Chuan.

Dans le Sanshou, et ses applications martiales, deux partenaires s’affrontent dans l’esprit du Tai Chi Chuan et utilisent des mouvements issus de la forme. Les déplacements sont circulaires ce qui permet de ne concevoir les défenses qu’en esquive, les blocages étant considérés comme des temps morts dangereux.

Pour être efficace dans un but pratique de self défense, l’enseignement du Tai Chi Chuan va bien au-delà de la simple application avec un partenaire des techniques désignées nommément dans la forme :

– beaucoup de techniques de Tai Chi Chuan ne se trouvent pas dans la forme (c’est la forme qui est basée sur la self-défense, et non l’inverse) ;

– il existe une grande variété de manières de mettre en pratique les différentes techniques et de les combiner.

 

TUISHOU

L’objectif principal du tuishou est de développer « l’écoute » de son partenaire, de comprendre les forces que chacun exerce, et de les transformer à son propre avantage. Le pratiquant devient alors capable de renverser un adversaire plus lourd que lui.

En pratique, l’une des conditions nécessaires est de maintenir un léger contact entre les bras (mais aussi les genoux) des partenaires sans que celui-ci soit rompu lors des déplacements.

La pratique du tuishou peut être codifiée, à pieds fixes ou mobiles, dans le but d’exprimer de façon plus ou moins manifeste les huit portes du tai chi chuan : parer, tirer, presser, appuyer, cueillir, séparer, donner un coup de coude, heurter. Mais le tuishou peut aussi s’exercer à la manière d’une lutte debout, les partenaires adoptant des règles convenues à l’avance.

Dans la pensée chinoise classique, le concept du vide et du plein se retrouve dans tous les arts (peinture, calligraphie, musique). Le tuishou « poussée des mains » ou « mains collantes » permet d’appréhender cette notion grâce au toucher. Le plein est synonyme de trop de contraction, trop d’amplitude, trop de volonté, le vide est synonyme de relâchement, de manque de présence, de manque d’enracinement. L’entraînement consiste à s’adapter au toucher du partenaire : s’il est plein on réagira par du vide et inversement. Le tuishou nous permet également de sentir le flux continuel du changement qui s’opère toujours dans la réalité, en suivant la ligne de moindre résistance, comme l’eau.

Les exercices de base se font en prenant contact avec une main, sur place, en étudiant les différentes directions de force. On pousse devant, on tire, on dévie, on monte, on descend. Puis on passe aux exercices à deux mains, sur place et en déplacement. On étudiera les directions élastiques de la force, puis on apprendra les déséquilibres, à pousser et à tirer le partenaire. On commencera par coller au partenaire lors de ses mouvements, relier et suivre tous les changements de directions. Le tuishou élargit notre champ sensoriel grâce aux mouvements élastiques dans toutes les directions. Le corps devient sensible et fort, ce qui lui permet de réagir facilement. Le tuishou initie également aux principes du déséquilibre. Le tuishou prépare au combat libre car il est un entraînement systématique à la phase de combat où l’on est au contact avec l’adversaire.

 

 

 

 

 


 

LE SABRE

 

Après l’apprentissage de la Forme et pour approfondir la maîtrise de celle-ci, nous allons utiliser des outils comme le sabre et l’épée.

Cet apprentissage vous permettra une nouvelle approche
des principes de la philosophie du Tao appliquée dans le mouvement.

Le travail du sabre et de l’épée permet de mettre en place les déplacements propres au maniement des armes.

Il faut tenir compte de la longueur du sabre et de l’épée, les mouvements vont en être
agrandit jusqu’à la pointe de l’arme.

Ainsi les Formes du sabre et de l’épée vont amplifier tous les mouvements